Le festival

La charte Musiques interdites

Le Festival Musiques Interdites, consacré à la réhabilitation des oeuvres musicales annihilées par les dictatures National Socialiste et Stalinienne, choisit de réinvestir, par le biais de la recréation de ces oeuvres, les lieux mêmes qui furent symbole de leur destruction.

Que ces lieux aient été des lieux de détention comme Terezin ou les Mille ou lieu de refuge ultime comme le Château et la Campagne Pastré.

Dans de tels cadres, le Festival Musiques Interdites doit éviter la convention du simple concert afin de présenter scéniquement une sorte de cérémonial de la mémoire – mémoire des « solutions finales » qu’elles soient celle des destructions les plus barbares ou celle des victoires de la création.

Ce cérémonial évitera tout autant le recours à une mise en scène traditionnelle en ce qu’elle implique de distanciation, de restitution du réel (décors, costumes, jeux d’acteur)et de complicité culturelle avec le public. La résurgence dramatique d’une telle mémoire préservera son intégrité dans le pari du dépouillement : la leçon réactualisée de l’Histoire donnant à la création sa densité pérenne.

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Le Château Pastré à Marseille refuge des artistes fuyant la dictature du III° Reich et de Vichy

Le Festival Musiques Interdites aura donc pour charte esthétique et pour « signature » le plateau nu, occupé par l’orchestre, les solistes – chefs, chanteurs, acteurs, récitants – présentant leur propre civilité au service d’une répétition générale interdite et encadrée par l’exploitation dramatique du Lieu.

Pour des lieux plus conventionnels – Opéras de Marseille, Clermont Ferrand, Bucarest etc…, Auditoriums de Varsovie, Verdi Milan, Schleswig-Holstein etc.. – la mise en espace assurera par des projections, par le jeu des lumières et des acteurs-chanteurs (rapport salle-scène/rapport scène orchestre-proscénium/rapport scène orchestre-lointain), par le symbolisme des accessoires essentiels (partitions, éléments historiquement et dramatiquement pertinents) le cérémonial restituant les conditions tragiques des créations et l’émotion cathartique de leur réhabilitation.